TÉMOIGNAGE DU MAIRE DE DUAULT



Témoignage du Maire de Duault après la Libération
Monsieur François GUILLOSSOU
Depuis quelques temps environ 130 parachutistes se trouvaient dans les bois, il s'y trouvaient aussi environ le même nombre de patriotes.
Tout était calme et tout allait bien.
Dimanche 11 juin 1944
Une voiture allemande qui se dirigeait vers Saint-Servais bifurqua par erreur dans le chemin du bois.
Une dizaine de patriotes se trouvaient à Kerhamon dans la ferme occupée par Pierre Le Guilloux.
A l'arrivée du véhicule allemand, les patriotes sortirent de l'habitation et tirèrent sur les Allemands en blessant deux qui réussirent cependant à remonter dans leur voiture et à prendre la fuite.
Ceux-ci s'en retournèrent donner l'alerte.
Lundi matin 12 juin
Deux voitures allemandes accompagnées d'un camion rempli de soldats allemands arrivèrent sur pieds de guerre à Kerhamon. Ils incendièrent les deux fermes, arrêtèrent les deux fermiers du village Pierre Le Guillaume et Le Lay ainsi qu'un journalier André Henry et s'en retournèrent.
Lors de leur retour à 300 mètres environ du village, les parachutistes installés dans le bois attaquèrent le camion, un combat s'engagea.
Tous les Allemands occupants du camion furent tués, ainsi que Théophile Le Barzic et Jean Yves Le Goff.
Les deux fermiers Pierre Le Guillaume et Le Lay et le journalier André Henry eurent la vie sauve malgré que deux d'entre eux furent blessés.
La voiture allemande réussit à prendre la fuite et alla chercher du renfort.
Dans ce combat 42 allemands furent tués.
Les deux villages de Kerhamon comprenaient deux fermes occupées par Pierre Le Guillaume et Le Lay.
Le village de Guernhir comprenait trois fermes occupées par les fermiers Yves Morellec, Pierre Pinson et la veuve Morellec.
Toutes ces fermes furent incendiées le 12 juin 1944 et complètement détruites, il ne reste plus aucun bâtiment en état.
Le propriétaire de ces fermes était président de la cour d'appel à Rennes.
Conditions dans lesquelles quatre civils furent tués :

Robert Chenu, il était occupé à couper du trèfle dans un champ, à la vue des Allemands il tenta de s'enfuir, il fut abattu.

Jean Yves Le Goff fermier et son journalier Théophile Le Barzic, ils étaient occupés à biner des betteraves dans un champ en bordure de la route. Les Allemands les ont arrêté et obligé à monter dans leur camion. Puis ils furent emmenés avec eux jusqu'à Kerhamon. Après avoir incendié les fermes les Allemands s'en retournant furent attaqués par les parachutistes. C'est au cours de ce combat que Jean Yves Le Goff et Théophile Le Barzic furent tués.

Jean Marie Morellec, il fut retrouvé carbonisé dans la maison de son gendre, cette maison était contiguë à la sienne. Il fut sans doute placé dans la maison en feu par les Allemands.
Deux Patriotes morts au cours du combat :

Henri Auffret et Jean Nicolas, faisaient partie du groupe de Patriotes, ils furent tués lors du combat.
Dix civils arrêtés, conduits à Callac-de-Bretagne et retrouvés assassinés dans deux fosses à Plestan le 13 juillet 1944 :

Jean Yves Bonnet, il fut arrêté par les Allemands le samedi 10 juin au cours d'une rafle au bourg de Duault, puis conduit à Callac-de-Bretagne.

Jean Gragne, il était arrivé dans l'après midi du 10 juin chez ses parents à Duault venant de Saumur, de Rosporden il était venu à pieds. Trois quarts d'heure après son arrivée le bourg était cerné par les Allemands, il fut arrêté et conduit à Callac-de-Bretagne.

Fernand, François, Marie Le Banner, le 12 juin 1944 jour du combat, une patrouille allemande passe dans son village de Kereven, Le Banner était occupé à soigner ses vaches et conversait avec ses deux cousins Joseph Pinson et Jean François Pinson ainsi que Jean François Le Quéré qui avait fuit son village situé à proximité de la zone du combat, sans explication ils sont arrêtés par les Allemands et conduits à Callac-de-Bretagne.

Valentin Tydou, il sera lui aussi arrêté le 12 juin 1944.

Pierre Marie Le Coz, fils et Pierre Marie Le Coz, père, ils seront eux aussi arrêtés le 12 juin 1944.

René Molière, arrêté chez le cultivateur Yves Le Jeune chez lequel il s'était réfugié, il est aussi arrêté le 12 juin 1944.

Deux civils blessés lors du combat, ils étaient à bord du camion lorsque celui-ci a été attaqué par les parachutiste le 12 juin 1944 :

André Henry
Né le 22 juillet 1924 à Duault, ouvrier agricole, blessé dans le camion à l'épaule et au bras.

Pierre Marie Le Guilloux
Né le 30 mars 1908 à Plusquellec, cultivateur à Kerhamon, blessé à plusieurs endroits à la tête.